Review : Les Rizzle Kicks au Nouveau Casino
Le duo Rizzle Kicks, phénomène urbain en provenance du Royaume Uni, s’est arrêté à Paris le temps d’un concert au Nouveau Casino. L’occasion pour nous de découvrir sur scène ces deux jeunes talents anglais, qui comptent déjà à leur actif plus d’un million de disques écoulés depuis la sortie de leur tout premier album solo en octobre dernier.
Mais commençons tout d’abord par la première partie du concert, assurée par la talentueuse Elisa Jo, jeune artiste de 18 ans protégée de Benjamin Biolay. Avec son look décontracté, presque hippie, et armée de sa guitare d’étude, Elisa parvient à envouter le public avec son set acoustique transportant le spectateur dans un univers musical britannique. Elle dévoile son tout jeune répertoire -quasi exclusivement en anglais – en passant avec aisance de la folk à une pop sucrée et insouciante, du piano à la guitare, avec pour seul fil conducteur cette voix assez impressionnante et très typée UK – dont les décrochés rappellent très fortement ceux d’une certaine Adele. L’on ne se souvient que Elisa est française que quand elle dialogue avec le public… Dommage, Elisa gagnerait peut-être à se différencier de la dizaine de chanteuses britanniques au style vocal et musical similaire en mettant en valeur son avantage concurrentiel et en chantant plus dans la langue de Molière. Surtout si elle entend se faire une place sur le marché français! Il serait assez dommage de passer à côté d’un talent comme le sien, que l’on aura vite fait de discréditer comme une imitation d’Adele. A noter cette superbe reprise acoustique de « What’s My Name » de Rihanna, qui nous permet une véritable redécouverte du titre et de ses arrangements.
Puis vient l’heure des stars de la soirée. Habillés comme s’ils sortaient du lit et allaient chercher du pain à la boulangerie du coin, Rizzle et Sylvester déboulent sur scène enivrés par les acclamations de spectateurs – et surtout des spectatrices – très majoritairement composés de jeunes adultes et d’adolescents. Un public qui se reconnait dans le je-m’en-foutisme du duo et la simplicité de leur apparence : leur insouciance, leur frivolité les rend terriblement accessibles et des modèles auxquels le jeune public peut s’identifier sans effort.
Le duo semble, de prime abord, assez homogène en terme de charisme, mais très vite l’on se rend compte que l’incroyable personnalité scénique du jeune rappeur Jordan « Rizzle » Stephen, 20 ans, a tendance à reléguer son acolyte Harley « Sylvester » Alexander-Sule, de deux mois sont ainé, à un statut de hypeman. L’on se surprendrait même parfois à souhaiter que Sylvester soit aussi convainquant en chant que l’est Rizzle en rap. Sylvester est pourtant talentueux : il dispose d’un timbre de voix très intéressant, mais relativement peu exploité et souvent cannibalisé par l’accompagnement des excellents musiciens. C’est indéniablement Rizzle qui fait le show, grâce à un don certain pour interagir avec le public – à noter ces tentatives régulières de parler en français pour charmer l’audience – et maintenir l’ambiance jusqu’à la fin du concert.
Les deux comparses ont ainsi enchainé les titres présents sur leur album « Stereo Typical » tels « Miss Cigarette » et « Stop With The Chatter », mais aussi – et surtout - leurs singles officiels tels l’excellent « Down With The Trumpet » et le très populaire « Mama Do The Hump », pour le plus grand plaisir des fans. Ils n’ont pas pour autant oublié de rendre hommage à leur ami Ed Sheeran, dont la popularité n’a cessé de croitre ces derniers mois, en reprenant son titre « You Need Me, I Don’t Need You ». Le duo a également ponctué son show d’une série de reprises assez surprenantes, la plupart sur un ton humoristique : « Seven Nation Army » de The White Stripes, « Senorita » de Justin Timberlake (qui a vu Rizzle s’essayer tant bien que mal au chant), ou encore les génériques d’Inspecteur Gadget et James Bond.
Il ne fait absolument aucun doute que les Rizzle Kicks sont avant tout des enfants qui s’amusent sur scène, et leur plaisir est extrêmement contagieux. Leur énergie scénique est vraiment fantastique et fait d’eux des entertainers de qualité. De l’humour, du talent, de l’énergie, du charisme et un style musical reflétant parfaitement cette richesse de la scène urbaine britannique avec ce métissage de genres, d’influences et de sonorités, le tout valorisé par un orchestre irréprochable apportant une touche organique au concert. Bref, l’on en redemande.
